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Moi

   J'aime l'automne en rouge et sang

 


Qui goutte à goutte d'or déshabille les arbres,

 


J'aime l'automne en coups de vent

 


Qui bouche à bouche mord les branches inconsolables.

 


 La vigne toujours vierge ensanglante les murs,

 


Tandis que les platanes racontent leurs blessures

 


En forme d'oriflammes.

 


 L'automne fait la fête

 


Pour ne pas sentir le froid qui vient la prendre,

 


L'automne fait la fête

 


Pour ne pas mourir au linceul de novembre.

 


 Et je me sens chez moi, dans cette saison-là

 


Qui s'abandonne...

 


Et je me sens l'amour d'un arbre déjà lourd

 


De trop de pommes...

 


 Serais-je en mes automnes,

 


Ai-je déjà cueilli les fruits

 


Sur tous les pommiers de ma vie ?

 


Serais-je en mes automnes,

 


Ai-je déjà raté mon tour

 


A tous les Noëls de l'amour ?

 


Je voudrais faire la fête

 


Pour ne pas vieillir des larmes qui me viennent,

 


Je voudrais faire la fête

 


Pour ne plus souffrir d'un amour en carême.

 


 Et pourtant...

 


 J'aime l'automne sur ma peau

 


Même quand elle y fait des rides au passage,

 


J'aime l'automne dans mon cœur

 


Le soleil est plus doux vers la fin du voyage,

 


J'aime l'automne entre tes bras

 


Pour la prison-velours où mon corps se révèle,

 


J'aime l'automne au fil de toi

 


Pour ce nouvel amour, où je me sens.... plus belle

 





 

 




 


 





 



Texte de Mannick








 









 











 







 




















 





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LE PREMIER BONHEUR DU JOUR Françoise Hardy +VIDEO | 31 mai 2009


Le premier bonheur du jour 

C'est un ruban de soleil

Qui s'enroule sur ta main

Et caresse mon épaule

 C'est le souffle de la mer

Et la plage qui attend

C'est l'oiseau qui a chanté

Sur la branche du figuier

 Le premier chagrin du jour

C'est la porte qui se ferme

La voiture qui s'en va

Le silence qui s'installe

 

 Mais bien vite tu reviens

Et ma vie reprend son cours

Le dernier bonheur du jour

C'est la lampe qui s'éteint

 
LES ROMANTIQUES.
envoyé par Chanteplume -

Publié par jeanneperrotin à 16:08:51 dans REFRAINS d'HIER et d'AUJOUDHUI | Commentaires (0) |

"LE TRES-BAS" Christian Bobin | 14 mars 2009

extrait  une histoire de Saint François d'Assise

"....Je t'aime. Cette parole, quand elle file vers Dieu, est comme une flèche enflammée qui s'enfonce dans la nuit et s'éteint avant de toucher sa cible. .... L'amour n'est rien d'original. L'amour n'est pas une invention d'auteur.

Il est avec son amour comme l'enfant devant le mur avec sa balle : il lance sa parole, la balle de parole lumineuse, le « je t'aime » enroulé sur lui-même, il la lance contre un mur éloigné de lui de tous les jours qu'il lui reste à vivre, il attend ensuite que la balle rebondisse, il lance des milliers de balle, aucune ne revient jamais, il continue, toujours souriant, confiant : le jeu est à lui-même sa récompense, l'amour est à lui-même sa réponse.

Si, quand même, il en dit un peu plus. Il dit : je t'aime et je suis désolé de t'aimer si peu, de t'aimer si mal, de ne pas savoir t'aimer. C'est que plus il s'approche de la lumière, et plus il se découvre plein d'ombres. Plus il aime et plus il se connaît indigne d'aimer. C'est qu'il n'y a pas de progrès en amour, pas de perfection que l'on pourrait un jour atteindre.

Il n'y a pas d'amour adulte."

 

 

 

 

Publié par jeanneperrotin à 15:29:08 dans Poètes ...Ecrivains....Peintres... | Commentaires (0) |

MAGNIFIQUE RENCONTRE | 25 février 2009

http://www.facebook.com/profile.php?id=1359812653 

de Louis Hossin

Quand le petit clapot clapotait ... ou l'histoire de l'Idiot Bigorneau
À l'attention des membres de Satprem : Celui qui aime vraiment / The one who loves truly
Mercredi 25 Février 2009 à 00:11



Un conte espiègle, incorrigible, rugueux, acidulé, couvert d'embruns au goût salé, agité comme la mer, croustillant de phrases où les mots peuvent prendre deux, trois sens différents, comme un bon plat à mâcher et à remâcher en ayant l'air très absorbé !
Un style inimitable qui doit déclencher une hilarité prudente mais inévitable du de-dans et ouvrir des espaces intérieurs inattendus !

Un petit exemple pour lire ce conte : Tra-ver-ser-travers-ses –travers-c'est-traverser ...


___________________________________________________________________________

« ...
Il a viré le bout du quai avec son canot, qui était tout blanc jusqu'alors, jusqu'au jour où, dans un coup de révolte (contre quoi, on ne sait pas), il l'a peint de goudron noir depuis le bout-dehors jusqu'au tableau arrière, gouvernail compris. Mais la grand voile restait bleue et le petit foc qui faséyait.

La balise restait en place et les rochers de la passe écumaient. Bigorneau aussi. Quand il était à terre, il y avait toujours quelque chose qui colérait en lui – mes « typhons » disait-il -, et puis ça partait dans un rire sitôt la balise passée avec son petit chapeau rouge (rouge danger). Dame ! Bigorneau aimait le danger, il aimait la tempête, le vent, l'inconnu – comme l'odeur du chèvrefeuille dans les sentiers du Sémaphore. Mais il fallait bien rentrer à terre le soir, c'était ça l'ennui, ou dans un port et c'était le commencement d'autres ennuis... qui n'étaient pas maritimes. A peine le pied à terre, on l'entendait lâcher toute une bordée de jurons choisis, en bon français, et même en breton : GASHT, MALORU, on pouvait l'entendre jusque chez les bonnes sœurs. « Voilà Bigorneau qui rentre » disaient les pêcheurs.

Pourquoi donc était-il si fâché ?
Avec le Continent, avec lui-même ?
Avec la vie ? La vie, quoi, à part le large et les brisants qui sourient toujours, même quand ils claquaient l'étrave et roulaient sur le pont ; la tempête, c'était souriant, c'était à traverser ; tra-ver-ser, c'était le mot de passe favori de Bigorneau. A terre, on traversait quoi ? du rien qui bouge, des sourires alléchants, trop alléchants, qui finissaient dans je ne sais quel lit, d'où l'on sortait avec une soif de muscadet, comme si l'on était un énorme trou de soif. Jean Bernest (tel était le nom de notre Idiot) était alors un formidable frère. Avec lui, on se comprenait.

Et puis le silence au large, par calme plat, quand le petit clapot clapotait gentiment contre les bordées comme si la vie partait infiniment dans le bleu. Une petite seconde tranquille qui flottait comme l'écume sur la houle. Et puis cette soif d'aller encore plus loin, comme s'il y avait un « plus loin » merveilleux... qui trompait toujours pour vous attirer plus loin encore – est-ce qu'il y avait un bout de tout ça ? Et pourtant Jean-Bigorneau ne voulait de bout du tout ! Le « bout » c'était toujours à recommencer. Alors Bigorneau commençait à grincer comme une poulie mal graissée. Et la question nulle et muette recommençait.

Il aurait pu se noyer dans le muscadet, ou plutôt dans le large une bonne fois pour toutes – pourquoi donc avait-il envie de se noyer ? Sa mère, Lisette (Marie-Louise pour les extraits de naissance – « Marie-Louise la silencieuse » disait l'arrière grand de la tribu) était solidement bretonne et prête à tous les grains, même avec une demi-douzaine d'enfants que lui avait fait son père très chrétien et pas du tout dévergondé. De ce coté-là, c'était solide et franc, c'était même le bon port de Bigorneau, mais il y avait tant de cotés ...inconnus – cette fichu généalogie, qui remontait jusqu'où ?

Alors il râlait et mettait le cap au large.
Tous les jours, il envoyait de la toile et son petit foc qui faséyait, mais tous-les-jours, c'était bien connu comme un fond de port, et le large n'avait pas de fond, et justement ! Il était parfaitement déraisonnable et insupportable. Il aurait bien voulu trouvé un port qui n'aurait pas de quai – autant chercher un port en plein Atlantique, ou en des Hespérides inconnues..

Et il se demandait parfois s'il n'allait pas se noyer pour de bon ? Sans raison.
Sans raison.
Il était désespéré ... de quoi ? Et en même temps, il était comme un formidable espoir. De quoi ?

Etranges, les bouées d'épave sont vertes.
La vie, c'était une drôle d'aventure dans une idiotie qui devait avoir un sens – c'était comme une mort qui avait perpétuellement envie de vivre pour courir et une vie qui avait perpétuellement besoin de mourir, ou de courir à perpétuité.
Vous me direz si tout cela a un sens ? HHON, HHON ...
Mais, il ne voulait plus rentrer au port, c'était clair et décidé, même si cela faisait de la peine à la bonne mère Lisette..
Et il a dérapé l'ancre une dernière fois.
... »
___________________________________________________________________________
Bigorneau – tiré de La clef des contes - Satprem

Souhait formulé par Satprem sur ces contes : «Vous pouvez changer votre vie, vous pouvez vous accorder à une autre tonalité, il y a des Portes sur le Large et une Ancre de lumière sous tout ce vacarme insensé»


Un fois n'est pas coutume ! Je vous demande de recruter ...
Vous tous, qui aimez vraiment, vous composez les membres-navigateurs de ce groupe-canot, et en ce sens vous êtes des pionniers-découvreurs à la recherche de nouvelles terres de l'Amour.
Alors, avancez vos pions !, et dé-couvrez dans vos amis ceux qui aiment vraiment.
Ne les laissez pas à l'écart au grand large et invitez-les à nous rejoindre sur le pont.
A quais ... à bon port.
OK !

Que nous soyons Celui qui aime vraiment Celle qui aime vraiment Celle qui aime vraiment Celui qui aime Vraiment Celui qui aime vraiment ..., et ainsi constituer la solide chaîne qui permettra de toucher le fond et d'y poser l'Ancre de lumière qui stabilisera enfin notre navire !

Soyons assez fou pour penser être, rapidement, mille ... nautiques.

Amitiés
Louis

 

Publié par jeanneperrotin à 11:15:52 dans Poètes ...Ecrivains....Peintres... | Commentaires (0) |

PAUL ELUARD | 14 février 2009

Toi la seule

Toi la seule et j'entends les herbes de ton rire
Toi c'est la tête qui t'enlève
Et du haut des dangers de mort
Sur les globes brouillés de pluie des vallées
Sous la lumière lourde sous le ciel de terre
Tu enfantes la chute.

Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant
Ni la paresse ni la fatigue
Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles
Au matin des caprices
Au matin des caresses visibles
Au grand matin de l'absence la chute.
Les barques de tes yeux s'égarent
Dans la dentelle des disparitions
Le gouffre est dévoilé aux autres de l'éteindre
Les ombres que tu crées n'ont pas droit à la nuit.

- 1929 -

Ce poème provient du recueil intitulé " L'amour la poésie "

Publié par jeanneperrotin à 12:49:35 dans Poètes ...Ecrivains....Peintres... | Commentaires (0) |

LE RENARD ET LE CHAT (FRERES GRIMM) | 10 février 2009

Un jour le chat rencontra messire le renard au fond d'un bois, et comme il le connaissait pour un personnage adroit, expérimenté, et fort en crédit dans le monde, il l'aborda avec une grande politesse :
-Bonjour, monsieur le renard, lui dit-il ; comment vous portez-vous ? êtes-vous content de vos affaires ? comment faites-vous dans ce temps de disette ?
Le renard, tout gonflé d'orgueil, toisa de la tête aux pieds le pauvre chat, et sembla se demander pendant quelques instants s'il daignerait l'honorer d'une réponse. Il s'y décida pourtant à la fin :
-Pauvre hère que tu es ! répliqua-t-il d'un ton de mépris, misérable meurt-de-faim, infime et ridicule chasseur de souris, d'où te vient aujourd'hui tant d'audace ? Tu oses te faire l'honneur de me demander comment je me porte ? Mais pour te permettre de me questionner, quelles sont donc les connaissances que tu possèdes ? de combien d'arts connais-tu les secrets ?
-Je n'en connais qu'un seul, répondit le chat d'un air modeste et confus.
-Et quel est cet art ? demanda le renard avec arrogance.
-Quand les chiens sont à ma poursuite, repartit le chat, je sais leur échapper en grimpant sur un arbre.
-Est-ce là tout ? reprit le renard. Moi, je suis passé docteur en cent arts divers ; mais ce n'est rien encore : je possède en outre un sac tout rempli de ruses. En vérité, j'ai compassion de toi ; suis-moi, et je t'apprendrai comment on échappe aux chiens.
Comme il achevait ces mots, un chasseur, précédé de quatre dogues vigoureux, parut au bout du sentier. Le chat s'empressa de sauter sur un arbre, et alla se fourrer dans les branches les plus touffues, si bien qu'il était entièrement caché.
Hâtez-vous de délier votre sac ! hâtez-vous d'ouvrir votre sac ! Cria-t-il au renard.
Mais déjà les chiens s'étaient précipités sur ce dernier, et le tenaient entre leurs crocs.
-Eh ! monsieur le renard, cria de nouveau le chat, vous voilà bien embourbé avec vos cent arts divers ! Si vous n'aviez su que grimper comme moi, vous seriez en ce moment un peu plus à votre aise.

Source: InLibroVeritas

 

 

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Publié par jeanneperrotin à 15:48:22 dans Poètes ...Ecrivains....Peintres... | Commentaires (0) |

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