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Moi

   J'aime l'automne en rouge et sang

Qui goutte à goutte d'or déshabille les arbres,

J'aime l'automne en coups de vent

Qui bouche à bouche mord les branches inconsolables.

 La vigne toujours vierge ensanglante les murs,

Tandis que les platanes racontent leurs blessures

En forme d'oriflammes.

 L'automne fait la fête

Pour ne pas sentir le froid qui vient la prendre,

L'automne fait la fête

Pour ne pas mourir au linceul de novembre.

 Et je me sens chez moi, dans cette saison-là

Qui s'abandonne...

Et je me sens l'amour d'un arbre déjà lourd

De trop de pommes...

 Serais-je en mes automnes,

Ai-je déjà cueilli les fruits

Sur tous les pommiers de ma vie ?

Serais-je en mes automnes,

Ai-je déjà raté mon tour

A tous les Noëls de l'amour ?

Je voudrais faire la fête

Pour ne pas vieillir des larmes qui me viennent,

Je voudrais faire la fête

Pour ne plus souffrir d'un amour en carême.

 Et pourtant...

 J'aime l'automne sur ma peau

Même quand elle y fait des rides au passage,

J'aime l'automne dans mon cœur

Le soleil est plus doux vers la fin du voyage,

J'aime l'automne entre tes bras

Pour la prison-velours où mon corps se révèle,

J'aime l'automne au fil de toi

Pour ce nouvel amour, où je me sens.... plus belle




 


 




 

Texte de Mannick






 







 









 





 


















 

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Tableau de KLIMT | 21 septembre 2006


IL CHARME PAR SES COULEURS LUMINEUSES et vous?


Un vrai POEME..............

Publié par jeanneperrotin à 12:23:10 dans Poètes ...Ecrivains....Peintres... | Commentaires (0) |

LA PETITE MARCHANDE DE FLEURS..(François Coppée) | 16 septembre 2006





La petite marchande de fleurs





Elle nous proposa ses fleurs d'une voix douce,
Et souriant avec ce sourire qui tousse.
Et c'était monstrueux, cette enfant de sept ans
Qui mourait de l'hiver en offrant le printemps.
Ses pauvres petits doigts étaient pleins d'engelures.
Moi je sentais le fin parfum de tes fourrures,
Je voyais ton cou rose et blanc sous la fanchon,
Et je touchais ta main chaude dans ton manchon.
Nous fîmes notre offrande, amie, et nous passâmes ;
Mais la gaîté s'était envolée, et nos âmes
Gardèrent jusqu'au soir un souvenir amer.

Mignonne, nous ferons l'aumône cet hiver





François Coppée





 

Publié par jeanneperrotin à 12:00:04 dans Poètes ...Ecrivains....Peintres... | Commentaires (0) |

C'EST l'EVIDENCE.... | 11 septembre 2006


Le verbe aimer est difficile à conjuguer :


 son passé n'est pas simple,


son présent n'est qu'indicatif,


et son futur est toujours conditionnel.


Jean Cocteau

Publié par jeanneperrotin à 15:25:22 dans Poètes ...Ecrivains....Peintres... | Commentaires (0) |

L'ETERNEL FEMININ | 01 septembre 2006




La montagne portait sa robe d'or bruni,
Or fragile tombant, feuille à feuille, des branches,
Dans le chemin, parmi la foule du dimanche,
Sur les sentiers ombreux et le gazon terni.

Reposés de leur course à travers l'infini,
Et doux, comme l'émoi d'une âme qui s'épanche,
Les rayons du soleil d'octobre, en nappes blanches
Sur le sol déjà froid, versaientt un feu béni.

Ce ne fut que le soir, en soufflant ma veilleuse,
Que me vint nettement l'inage glorieuse
Dans ses mille détails ternes et rutilants.

J'avais distraitement vu les choses agrestes,
Trop attentif à suivre ou deviner les gestes
D'une fille aux yeux noirs qui ramassait des glands.




Alphonse Beauregard


Publié par jeanneperrotin à 18:04:15 dans Poètes ...Ecrivains....Peintres... | Commentaires (0) |

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