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    La mer baigne la Saintonge
    Je me baigne dans la mer
    Juste aux lieux où se prolonge
    Du fleuve aux Gascons si cher
    <script type=text/javascript>prive();</script> L'onde jaunâtre en flot vert
    Et l'eau douce en flot amer.
     
    La côte, gâteau que ronge
    Aujourd'hui, demain, hier,
    La vague à la faim d'enfer,
    S'y creuse en cirques de fer
    Qu'un fin sable enferme et longe.
    Là, sous jupe avec spencer
    Les dames vont au flot clair ;
    Mais gêné, le sexe fier
    Se costume comme un ver.
     
    Donc, fermant Platon et Blair,
    Cuvier, Decandolle et Monge,
    Bref tout livre sauf Schiller
    Et le chantre de l'Enfer,
    Tout le jour comme une éponge,
    M'imbibant de sel ou d'air
    Pour tonifier ma chair,
    J'erre, hume, marche et plonge
    Et soigne aussi mon gaster.
    Puis, le soir venu, je songe
    Quand les phares de l'éther,
    Phébé, Vénus, Jupiter,
    Des feux tournants de la mer
    Éclipsant le rouge éclair
    Dorent les flots de Saintonge.
    Voilà pour Royan, Messer.
     
    De Lyon, d'Abd-el-Kader,
    De Biarritz, de Quimper,
    Sache... mais, par Lucifer,
    Ce billet sans fin s'allonge !
    Coupons court ; assez trés cher,
    Adieu, le reste à l'hiver !
    À toi de cœur, sans mensonge
    De Royan, près de la mer
    Ce vingt-trois de September.

    Henri-Frédéric AMIEL (1855)

     


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  • Ce mot d'Amour

    Que nous cherchons tous

    Dans la bouche d'autrui,

    Dans le murmure des jours,

    Dans le silence des nuits,

    Dans l'acte d'écrire,

    Dans la crispation d'une main,

    D'un regard......

    Dans la Parole d'un Autre

    Couchée sur le papier

    Pour être lue,dite et vécue...

    Dans l'attitude de celui

    Qui ne sait plus trop distinguer

    Entre la soif

    Et l'émerveillement,

    L'émerveillement

    Et la soif....

    Fr.Bernard.

     


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  • Un moineau s'est posé sur mon balcon; gai et rapide,il a picoré trois miettes et s'est envolé,emmenant cette énergie légère et vive qui lui vien d'ailleurs,de l'Ailleurs .Alléluia!

    J'ai gravi rapidement l'escalier,je sens mon souffle s'apaiser,ma communiquant dans l'instant le don de la vie qui ient d'ailleurs , de l'Ailleurs .Alléluia!

    Maître des mondes,de la bactérie à la nébuleuse , tu communiques à tous la vie,le mouvement et l'être .Comment ne me tiendrais-je pas devant Toi les mains ouvertes en action de grâce?

    Frère Benoît Billot.

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  • La Cithare du Bonheur

    C'était un homme droit et sincère qui cherchait le chemin du bonheur, qui cherchait le chemin de la vérité. Il alla un jour trouver un vénérable maître soufi dont on lui avait asuré qu'il pourrait les lui indiquer. Celui-ci l'accueillit aimablement devant sa tente et, après lui avoir servi le thé à la menthe, lui révéla l'itinéraire tant attendu : « C'est loin d'ici, certes, mais tu ne peux te tromper : au coeur du village que je t'ai décrit, tu trouveras trois échoppes. Là te sera révélé le secret du bonheur et de la vérité. »

    La route fut longue. Le chercheur d'absolu passa maints cols et rivières. Jusqu'à ce qu'il arrive en vue du village dont son coeur lui dit très fort : « C'est là le lieu ! Oui, c'est là ! » Hélas ! Dans chacune des trois boutiques il ne trouva comme marchandises que rouleaux de fils de fer dans l'une, morceaux de bois dans l'autre et pièces éparses de métal dans le troisième. Las et découragé, il sortit du village pour trouver quelque repos dans une clairière voisine.

    La nuit venait de tomber. La lune remplissait la clairière d'une douce lumière. Lorsque tout à coup se fit entendre une mélodie sublime. De quel instrument provenait-elle donc ? Il se dressa tout net et avança en direction du musicien. Lorsque, stupéfaction, il découvrit que l'instrument céleste était une cithare faite de morceaux de bois, des pièces de métal et des fils d'acier qu'il venait de voir en vente dans les trois échoppes du village.

    A cet instant, il connut l'éveil. Et il comprit que le bonheur est fait de la synthèse de tout ce qui nous est déjà donné, mais que notre tâche d'hommes intérieurs est d'assembler tous ces éléments dans l'harmonie.

    Conte soufi

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  •  La plus délicate des roses
    Est, à coup sûr, la rose-thé.
    Son bouton aux feuilles mi-closes
    De carmin à peine est teinté.

    On dirait une rose blanche
    Qu'aurait fait rougir de pudeur,
    En la lutinant sur la branche,
    Un papillon trop plein d'ardeur.

    Son tissu rose et diaphane
    De la chair a le velouté ;
    Auprès, tout incarnat se fane
    Ou prend de la vulgarité.

    Comme un teint aristocratique
    Noircit les fronts bruns de soleil,
    De ses soeurs elle rend rustique
    Le coloris chaud et vermeil.

    Mais, si votre main qui s'en joue,
    A quelque bal, pour son parfum,
    La rapproche de votre joue,
    Son frais éclat devient commun.

    Il n'est pas de rose assez tendre
    Sur la palette du printemps,
    Madame, pour oser prétendre
    Lutter contre vos dix-sept ans.

    La peau vaut mieux que le pétale,
    Et le sang pur d'un noble coeur
    Qui sur la jeunesse s'étale,
    De tous les roses est vainqueur !


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