• « Je me sens triste ! » dit une vague de l'océan en constatant que les autres vagues étaient plus grandes qu'elle. « Les vagues sont si grandes, si vigoureuses, et moi je suis si petite, si chétive. »
    Une autre vague lui répondit : « Ne sois pas triste. Ton chagrin n'existe que parce que tu t'attaches à l'apparent, tu ne conçois pas ta véritable nature. »
    « Ne suis-je donc pas une vague ? »
    « La vague n'est qu'une manifestation transitoire de ta nature. En vérité tu es l'eau. »
    « L'eau ? »
    « Oui. Si tu comprends clairement que ta nature est l'eau, tu n'accorderas plus d'importance à ta forme de vague et ton chagrin disparaîtra. »
    Avoir à l'esprit que l'humanité fait partie d'un ensemble est important. Car l'être humain se considère souvent comme le centre des choses en s'arrogeant des droits particuliers qui n'ont pas de raison d'être. Ainsi il ne voit que chez son prochain ce qu'il n'a pas, sans voir ce qu'il a déjà, et se cause les plus inutiles soucis.
    Zen


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  • Écoutez la chanson bien douce
    Qui ne pleure que pour vous plaire.
    Elle est discrète, elle est légère :
    Un frisson d'eau sur de la mousse !

    La voix vous fut connue (et chère?),
    Mais à présent elle est voilée
    Comme une veuve désolée,
    Pourtant comme elle encore fière,

    Et dans les longs plis de son voile
    Qui palpite aux brises d'automne,
    Cache et montre au coeur qui s'étonne
    La vérité comme une étoile.

    Elle dit, la voix reconnue,
    Que la bonté c'est notre vie,
    Que de la haine et de l'envie
    Rien ne reste, la mort venue.

    Elle parle aussi de la gloire
    D'être simple sans plus attendre,
    Et de noces d'or et du tendre
    Bonheur d'une paix sans victoire.

    Accueillez la voix qui persiste
    Dans son naïf épithalame.
    Allez, rien n'est meilleur à l'âme
    Que de faire une âme moins triste !

    Elle est en peine et de passage,
    L'âme qui souffre sans colère,
    Et comme sa morale est claire !...
    Écoutez la chanson bien sage.

    Paul Verlaine, Sagesse


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  • Combien pèse un flocon de neige ?


    "Dis-moi, combien pèse un flocon de neige ?", demanda la mésange à la colombe.
    "Rien d'autre que rien", fut la réponse.

    Et la mésange raconta alors à la colombe :
    "J'étais sur une branche d'un sapin quand il se mit à neiger. Pas une tempête, non, juste comme un rêve, doucement, sans violence. Comme je n'avais rien de mieux à faire, je commençai à compter les flocons qui tombaient sur la branche où je me tenais. Il en tomba 3.751.952. Lorsque le 3.751.953ème tomba sur la branche - rien d'autre que rien comme tu l'as dit - celle-ci cassa."

    Sur ce, la mésange s'envola.

    La colombe, une autorité en matière de paix depuis l'époque d'un certain Noé, réfléchit un moment et se dit finalement :
    "Peut-être ne manque-t-il qu'une personne pour que tout bascule et que le monde vive en paix !"


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  • POUR CES FÊTES PRECIEUSES DANS VOS COEURS


    EN FAMILLE , ENTRE AMIS....


    JE VOUS REMERCIE  CHALEUREUSEMNT D'ÊTRE VENUS ICI ......


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  • La Vierge à la crèche


    Dans ses langes blancs, fraîchement cousus,
    La Vierge berçait son Enfant-Jésus.
    Lui, gazouillait comme un nid de mésanges.
    Elle le berçait, et chantait tout bas
    Ce que nous chantons à nos petits anges...
    Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

    Étonné, ravi de ce qu'il entend,
    Il rit dans sa crèche, et s'en va chantant
    Comme un saint lévite et comme un choriste ;
    Il bat la mesure avec ses deux bras,
    et la sainte Vierge est triste, bien triste,
    De voir son Jésus qui ne s'endort pas.

    « Doux Jésus, lui dit la mère en tremblant,
    « Dormez, mon agneau, mon bel agneau blanc.
    « Dormez; il est tard, la lampe est éteinte.
    « Votre front est rouge et vos membres las ;
    « Dormez, mon amour, et dormez sans crainte. »
    Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

    « Il fait froid, le vent souffle, point de feu...
    « Dormez, c'est la nuit, la nuit du bon Dieu.
    « C'est la nuit d'amour des chastes épouses ;
    « Vite, ami, cachons ces yeux sous nos draps,
    « Les étoiles d'or en seraient jalouses. »
    Mais l'Enfant-Jésus ne s'endormait pas.

    « Si quelques instants vous vous endormiez,
    « Les songes viendraient, en vol de ramiers,
    « Et feraient leurs nids sur vos deux paupières,
    « Ils viendront; dormez, doux Jésus. » – Hélas !
    Inutiles chants et vaines prières
    Le petit Jésus ne s'endormait pas.

    Et Marie alors, le regard voilé,
    Pencha sur son fils un front désolé,
    « Vous ne dormez pas, votre mère pleure,
    « Votre mère pleure, ô mon bel ami... »
    Des larmes coulaient de ses yeux ; sur l'heure,
    Le petit Jésus s'était endormi.



    Alphonse DAUDET, Les Amoureuses.



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